
André Penteado est photographe et artiste visuel. Depuis 2007, il développe des projets qui explorent des thèmes liés à des événements marquants de l’histoire brésilienne et à des expériences personnelles d’une grande intensité émotionnelle. Il a réalisé douze expositions individ...
André Penteado est photographe et artiste visuel. Depuis 2007, il développe des projets qui explorent des thèmes liés à des événements marquants de l’histoire brésilienne et à des expériences personnelles d’une grande intensité émotionnelle. Il a réalisé douze expositions individuelles et participé à des expositions collectives, au Brésil comme à l’étranger. Il a remporté le Prix Pierre Verger (2013) avec Le suicide de mon père ; son projet Tout est lié a été sélectionné pour le programme Rumos Itaú Cultural (2014) ; il a été finaliste du Prix Conrado Wessel (2017) avec Mission française ; et il a remporté le Prix Chico Albuquerque (2019) avec Cabanagem. Il a publié cinq livres de photographie : Le suicide de mon père (2013) ; Cabanagem (2015), inclus dans les listes des meilleurs livres de l’année par les sites Time Lightbox et Photoeye ; Je ne suis pas seul (2016), inclus dans la liste des meilleurs livres de l’année du magazine ZUM ; Mission française (2017), en couverture des magazines ZUM et Select ; et Farroupilha (2020). Son travail a été publié dans des médias tels que Source Photographic Review (Irlande), British Journal of Photography, Folha de S.Paulo et O Estado de S. Paulo. Ses œuvres font partie des collections de la Pinacothèque de São Paulo, du Musée d’Art de Rio, du Musée National des Beaux-Arts et de la Bibliothèque nationale de France. Depuis 2017, il coordonne, dans son atelier, un groupe d’étude en photographie qui a déjà réuni plus de 300 participants.
20 œuvresMémoire et histoire
Mission française est la deuxième partie du projet au long cours Rastros, Traços e Vestígios, qui comprend également Cabanagem (2015) et Farroupilha (2020), et qui a été conçu comme une pentalogie qui s’acheve avec les livres Independência et Invasão. Le projet est né de l’idée qu’il existe un parallèle entre le travail du photographe et celui de l’historien : si la photographie comme l’historiographie partent, en principe, du réel, on peut dire, en revanche, qu’elles sont toutes deux le résultat de décisions idéologiques de ceux qui les produisent. Malgré cela, elles sont souvent perçues comme des « vérités ». Un événement historique reçoit un nom spécifique, ce qui le fait paraître comme un fait indubitable et bien délimité. Pourtant, il résulte du déploiement d’un nombre infini d’actions individuelles et collectives, à la fois planifiées et inconscientes. Et, à partir de celles-ci, un autre nombre infini de conséquences se révèle, dont la plupart ne trouvent pas place dans les récits. Ainsi, l’inconnu constitue une dimension significative de l’histoire. Ce qui m’intéresse, c’est de réfléchir à la dualité entre la complexité du réel et la nécessité politique de produire des synthèses. J’envisage ainsi l’histoire comme une accumulation de couches d’interprétation créées par les acteurs politiques les plus divers. Dans le choix des thèmes du projet, il a été déterminant le fait qu’ils ne possèdent pas d’iconographie photographique d’époque, ne pas avoir à dialoguer avec des photographies historiques m’a offert une grande liberté dans la création d’images reliant présent et passé. Toutes les photographies du projet entretiennent un lien avec les faits qui les ont inspirées, sous des formes diverses : un lieu où quelque chose s’est produit, un endroit nommé en hommage à l’événement, un document à son sujet, ou le lieu de sa conservation, le descendant d’un protagoniste, un monument qui lui rend hommage, un tableau le représentant, la personne chargée d’assurer la sécurité de ce tableau, des personnes qui commémorent cet événement, la nourriture qu’elles consomment lors de cette célébration, et ainsi de suite.





