
Fernando Banzi est journaliste et photographe, diplômé en photographie par le Senac de São Paulo. Photographe indépendant, il vit et travaille à São Paulo. Membre de la plateforme collaborative Goma Workshop, il développe à la fois des projets d’auteur et des travaux commerciaux...
Fernando Banzi est journaliste et photographe, diplômé en photographie par le Senac de São Paulo. Photographe indépendant, il vit et travaille à São Paulo. Membre de la plateforme collaborative Goma Workshop, il développe à la fois des projets d’auteur et des travaux commerciaux. Depuis 2018, il enseigne également la photographie au Senac São Miguel Paulista, à São Paulo.
14 œuvresAnthropologieColonisationPortraitCulture afro-brésilienneMémoire et histoire
Tipos est un sauvetage du travail du photographe germano-brésilien Alberto Henschel (1827-1882), connu pour l’enregistrement des paysages de Rio de Janeiro et de la vie quotidienne de la monarchie brésilienne pendant le Second Règne. Son titre de photographe de la Maison impériale lui permet de photographier l’empereur Dom Pierre II et sa famille. Mais sa principale contribution à l’histoire de la photographie a été l’enregistrement de tous les extraits sociaux du Brésil du 8ème siècle. Des portraits généralement sur la carte de visite ont été pris de la noblesse, des riches marchands, de la classe moyenne, et aussi des noirs, asservis et affranchis, dans une période antérieure à la Loi Áurea. Le travail de Fernando Banzi consiste en la re-synchronisation de ces registres de personnes de descendance et/ou d’origine africaine, datant de la fin des années 1860, réalisés à Recife et à Salvador. Il reprend le passé et, à travers la pigmentation des portraits d’Alberto Henschel, confère à ces personnes leur droit à être des sujets, et non des produits. Il le fait grâce à la photo-peinture numérique, la manipulation d’image, permettant ainsi diverses possibilités narratives et nous invitant à imaginer ces histoires, en les retirant de l’endroit confortable et ordinaire du récit unique et condensé sur l’individu noir. Les photographies de la série Tipos présente de nouvelles couleurs que nous utilisons pour élargir le répertoire sur le regard des personnes noires, sur les valeurs qui doivent être placés pour regarder les êtres humains qui ont été historiquement et structurellement victimes d’une violence sans précédent. Le photographe propose un nouveau regard sur les photos, ce qui nous permet d’imaginer d’autres valeurs, de passer de l’imaginaire pauvre et raciste brésilien l’image péjorative sur les esclaves. Ce sont des êtres humains, des personnes. Tipos offre de nouvelles nuances au passé si proche de l’histoire du Brésil, pluralisant nos existences.





