Alex Oliveira est originaire de Jequié, dans l'État de Bahia. Photographe, plasticien et cinéaste, il mène une recherche artistique qui explore les liens entre photographie, performance et intervention urbaine. Il coordonne actuellement CASA 1145, un atelier et une résidence d'ar...
Alex Oliveira est originaire de Jequié, dans l'État de Bahia. Photographe, plasticien et cinéaste, il mène une recherche artistique qui explore les liens entre photographie, performance et intervention urbaine. Il coordonne actuellement CASA 1145, un atelier et une résidence d'artistes qu'il a fondés en 2020 à Jequié. Ce lieu est dédié à l'expérimentation en arts visuels et vise à promouvoir la création et le partage artistiques dans l'arrière-pays de Bahia.
29 œuvresTraditionsCulture afro-brésilienneVie quotidiennePortrait
« Photoperformance Populaire » est une enquête continue sur l’occupation de l’espace public, intervenant sur les places et les marchés en plein air avec des installations improvisées de studio photographique. Né d’une réflexion sur ce qui pourrait être considéré comme une « performance populaire » au Brésil : une manifestation qui ne prend pas naissance dans les galeries, mais dans les dynamiques de survie, de célébration et de résistance qui se déploient dans la rue. Grâce à une méthodologie d’immersion exigeant un séjour d’au moins un mois dans chaque lieu, j’établis une sorte de résidence artistique nomade qui revisite et actualise le travail historique des « photographes lambe-lambe » — portraitistes itinérants qui, pendant des décennies, ont été les gardiens de la mémoire visuelle des villes. En faisant revivre cette pratique, le projet transforme la rue en un laboratoire vivant d’expérimentation sociale, esthétique et politique. L'installation physique du studio, avec ses fonds infinis improvisés au cœur du flux chaotique des centres urbains et des villes de l'intérieur du Brésil, crée une interruption visuelle qui invite passants, habitants et artistes locaux à un jeu de composition en temps réel. Ce dispositif catalyse des performances spontanées, où la rencontre entre le photographe et le sujet anonyme devient la matière première de l'image. Ainsi, le cœur conceptuel de cette œuvre réside dans la tension provoquée par le terme « photoperformance », affiché sur des posters dans le studio mobile. Dans l'atmosphère des foires et des places publiques, ce mot (courant dans le jargon universitaire, mais étranger au quotidien) fonctionne comme un outil d'étrangeté. Ce bruit sémantique ouvre une brèche symbolique dans les habitudes, générant une curiosité qui permet l'expression des désirs, des souvenirs et des tensions latentes propres à chaque territoire. Une cartographie vaste et diversifié du « paysage humain » dans des territoires brésiliens tels que Bahia, Minas Gerais et Piauí. La collection qui en résulte capture une chorégraphie des identités où les sujets se présentent comme des personnages d'eux-mêmes, naviguant entre la solennité de la pose et la vulnérabilité des coulisses de la vie publique. En définitive, cette recherche au long cours explore la performance du territoire, la plaçant au cœur de la vie communautaire. En documentant ces multiples façons d'« être et d'exister » au monde, le projet consacre la rue comme une expérience esthétique incontournable, réaffirmant le droit à la visibilité comme acte fondamental de citoyenneté visuelle dans le Brésil contemporain. Enfin, les images produites sont offertes aux participants sous forme de cartes postales. Par ailleurs, parfois, certaines photographies sont sélectionnées pour une exposition grand format aux abords du studio, utilisant la technique du collage d'affiches pour réintégrer dans l'espace urbain les personnages qui l'habitent, transformant ainsi l'espace commun en une galerie à ciel ouvert.





